• La rédaction

Un bar dans la Nièvre


Dans une autre vie j’avais un bar, un vrai, en formica rouge avec le dessus en zinc, du moins j’ai cru longtemps qu’il était en zinc, mais en fait il parait qu’aucun bar n’est en zinc, mais un mélange de divers matériaux et même du plomb ou du cuivre, un alliage qui se nettoie à l’eau bouillante et qui brille quand on le brique… mais le zinc donne l’expression et j’aime l’idée du bar en zinc…

A ce bar, j’ai découvert ce que Jean-Pierre Rives a appelé les Brèves de comptoir, mais en nivernais, c’est-à-dire dans un langage imagé, accompagné d’onomatopées et de gestes pour bien expliquer.

Je me souviens du plombier local qui venant boire son canon en nous expliquant les interventions du matin avec moulte détails et expressions. Son désarroi quand les œufs durs ont été interdit, et la machine à cacahuètes remplacée par des sachets : Pfff faut que j’retourne à ma chaudière et sans mon œuf dur, mon canon va me peser sur le’stomaque, tu peux garder tes « cahuètes », j’veux pas de celles dans le plastique ! J’ai acheté des coupelles et j’ouvrai les paquets dedans et hop plus de plastique…

Je me souviens du vieux Monsieur qui disait qu’il avait pleins d’immeubles à Paris dans les beaux quartiers et qui rouspétait à chaque augmentation du canon de 10 centimes en nous expliquant que bientôt il serait obligé de boire de l’eau…et du robinet s’il vous plait ! Au bout de ses trois canons, il disait qu’on l’avait ruiné…

Je me souviens de cet habitué dont la femme était gravement malade. Je lui demandais des nouvelles et il m’a répondu « pff l'est crevée cte nuit » et il en était « ben tris » …ça ne l’avait pas empêché de venir boire son coup !

Je me souviens de ces travailleurs agricoles saisonniers qui en plein mois d’aout descendaient un « kil de rouge » de l’heure et finissaient leurs huit heures de travail exténuant en plein soleil, droits comme des i en disant qu’ils boiraient bien un coup !

Et notre braconnier qui payait sa tournée parce qu’il avait tué un gibier fabuleux dont le nom commence par un Y ? Un Yack ? Un Yeti ? Non tout simplement un …. Yèvre…

Je me souviens aussi des troisièmes mi-temps de rugby, avec notre équipe dont nous étions si fière, j’arrivais à confisquer toutes les clés de voitures avant qu’ils n’arrosent copieusement autant les défaites que les victoires… et je réservais une ou deux chambres de l’hôtel pour les empiler endormis sur les lits jusqu’au matin…

Mes « brèves » à moi, ce sont ces souvenirs (de jeunesse), moi la parisienne qui n’avait jamais eu le droit ou l’honneur de mettre les pieds dans un bar avant mes 18 ans, car cela ne se faisait pas ; et qui a "découvert » la vraie vie avec ces clients dont je me rappellerai toujours. Le bar c’est le lieu de vie par excellence et l’endroit où les barrières sociales étaient les moins visibles et où j’ai eu de merveilleux souvenirs.

On trouve encore quelques bars comme cela, mais les temps changent et évoluent et… c’est bien…

(Image Brèves de comptoir France, Réalisateur : Jean-Michel RibesScénario : Jean-Michel Ribes, Jean-Marie Gourio, d’après l’oeuvre de ce dernierActeurs : Chantal Neuwirth, Didier Bénureau, Christian PereiraDistribution : Diaphana DistributionDurée : 1h40Genre : ComédieDate de sortie : 24 septembre 2014)

#Humour #Logicielbar #Infos

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