• La rédaction

Restaurants fermés. L’étude de la colère.

Mis à jour : janv. 17



L’étude de la colère ? Il ne s’agit pas de la suite posthume du célèbre roman de John Steinbeck ou d’un traité de psychiatrie mais de l’étude scientifique publiée par le – pourtant très sérieux – Institut Pasteur. Elle vise à démontrer l’existence d’une corrélation entre « transmission du virus du COVID » et « restaurants et bars ». Et justifier leur fermeture.


Plusieurs journaux ont communiqué à ce sujet dont Le Monde dans un article du 17 décembre (1) où le journaliste relève plusieurs éléments qui interpellent. Par exemple, il cite :


« On voit dans cette étude une augmentation du risque associée à la fréquentation des bars et restaurants », … mais « il faut être prudent » dans l’interprétation de ces résultats « sur un sujet éminemment sensible », …l’étude a été menée en octobre et novembre, …, quand les établissements étaient partiellement, voire complètement fermés.


Et un peu plus loin :

Il est donc difficile de savoir « quelle est la part réelle des restaurants et des bars dans la transmission » du virus, puisque cette période ne correspondait pas à leur fonctionnement normal.

« Cela laisse entendre qu’il y a eu des bars et restaurants ouverts de façon clandestine pendant le confinement » et que les personnes qui s’y sont rendues, même moins nombreuses, « s’y sont beaucoup exposées »


Toute personne ayant travaillé dans le domaine de l’analyse de données sait que l’interprétation d’une apparente corrélation oblige effectivement à une grande rigueur et prudence. Cette histoire de bars et de restaurants clandestins façon « Prohibition Chicago 1930 » ferait sourire si l’emploi de plus d’un million de personnes et l’argent de milliers de chefs d’entreprise n’étaient pas en jeu. En tout cas de cause, le rédacteur de l’étude exprime lui-même ses doutes.


En matière d’analyse de données, l’observation sur le terrain est souvent riche d’enseignements.


Par exemple, il serait intéressant d’étudier les facteurs de risques liés à deux environnements :

  • un hypermarché, un samedi après-midi avant les fêtes, où des milliers de personnes se pressent, prennent avec leurs mains des produits, les reposent, en essayent d’autres, … créant ce qui est sans doute un très beau bouillon de culture covidienne,

  • et une auberge cévenole disposant d’un grand espace pour accueillir une vingtaine de personnes, en laissant un espace important entre chaque table, celles-ci ayant été désinfectées après chaque service.

Cévenole car il y a 77 000 habitants dans tout le département de la Lozère ! Un Stade de France.


Sans avoir mené l’étude, nous pensons avoir une idée du résultat. Ce pragmatisme et l’appréciation de ces différentes situations, qui ne peut être que locale - voir notre billet (2) - gagneraient à être adoptés par nos décisionnaires.


Étude de la colère ? Comme le soulignait entre autres FranceInfo, la réaction des professionnels ne s’est pas fait attendre (3). A suivre.


(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/17/covid-19-la-frequentation-des-restaurants-et-les-repas-en-general-augmentent-le-risque-de-contamination-selon-une-etude-de-l-institut-pasteur_6063719_3244.html

(2) https://www.chr365blog.fr/post/restaurants-ferm%C3%A9s-laissons-la-d%C3%A9cision-aux-r%C3%A9gions

(3) https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/etude-sur-les-lieux-de-contamination-au-covid-19-la-methode-de-l-institut-pasteur-est-confuse-et-sans-fondement-affirme-l-umih_4223841.html

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